OBJECTIF DU COURS

Cours donné par Florence Piron et Isabelle Paré

L’objectif de ce cours est d’initier les étudiants et étudiantes aux principales théories de la psychosociologie et au vocabulaire utilisé dans ce domaine, en lien avec la communication publique. La psychosociologie étudie les rapports entre la dimension individuelle de l’existence (l’individu, la personne, l’acteur social) et sa dimension sociale (la culture, la vie collective, le groupe social, les rapports sociaux). Elle permet de mieux comprendre comment s’exerce l’influence dans les situations de communication de masse telles que la publicité, les relations publiques, le journalisme, les usages de l’Internet.

Le cours poursuit aussi un objectif de culture générale.

La première partie du cours sera plus orientée vers les aspects sociologique et anthropologique de la psychosociologie, la seconde partie vers sa dimension psychologique.

Lien :  plan de cours

La socialisation

  • C’est l’acquisition d’éléments de savoir qui nous permettent de nous intégrer à un ou plusieurs groupes sociaux.
  • Ce savoir individuel est formé d’un savoir de base, de savoirs spécialisés et d’un savoir général (représentations sociales).

Deux processus simplifiés d’intégration de ce savoir

  • la contrainte externe (parentale), assortie de punition ou de récompense.
  • l’imitation (ou le rejet) de modèles issus de la culture, de la société.

Ces deux processus socialisent l’enfant ou la personne qui change de milieu.

  • Ils les conduisent à intérioriser les valeurs, les normes, les savoirs qui y circulent.
  • Ils leur permettent de comprendre leur milieu, d’y communiquer et d’y mener des actions efficaces.

La culture

  • La culture, c’est ce qui distingue les humains des animaux.
  • Elle regroupe les croyances, les valeurs, mais aussi les pratiques et les institutions d’un groupe social.
  • Elle n’est jamais homogène ni uniforme.
  • Elle peut engendrer des sous-cultures liées aux rapports sociaux.


La culture postmoderne

  • C’est une façon de désigner la culture propre au monde occidental contemporain.
  • Ce qui la caractérise, c’est le pluralisme des modèles, des normes, des modes de vie, qui semble favoriser le libre-arbitre des personnes.
  • Ce libre-arbitre apparent correspond, pour certains, au relativisme absolu des valeurs, à la perte des référents et à une solitude typique de la postmodernité.
  • L’individu contemporain est sans cesse obligé de choisir: c’est l’ironie postmoderne.

Les représentations sociales

  • Elles relèvent du domaine de la cognition.
  • Les RS d’une personne sont un élément majeur de leur savoir individuel (leur savoir général).
  • Les RS sont des éléments de la culture.

Définition :

  • «  C’est une forme de connaissance, socialement élaborée et partagée, ayant une visée pratique et concourant à la construction d’une réalité commune à un groupe social » (Jodelet).
  • C’est le «  savoir ordinaire », par différence avec le savoir scientifique.

Une représentation sociale dans la culture :

  • Elle a un objet social, général, discuté dans l’espace public ou médiatique.
  • Elle a un noyau, composé de deux ou trois éléments, qui est normatif et non neutreé
  • Elle a aussi des éléments périphériques qui permettent son adaptation aux individus et aux contextes.

Les transformations des représentations sociales:

  • Au niveau de la culture, elles se transforment très lentement, à la suite de changements dans les pratiques sociales.
  • Au niveau individuel: Inculquées lors de la socialisation, elles filtrent l’information contenue dans les messages; elles guident la manière dont un message est interprété.

Les représentations sociales et la communication publique:

  • Le public a des RS que le communicateur devrait connaître pour ajuster ses messages.
  • Les communicateurs ont aussi des RS de leur public et de ce qu’ils veulent lui dire.
  • Les RS facilitent la communication publique.

Le stéréotype:

  • C’est une représentation sociale appauvrie, qui sert à catégoriser les Autres, ceux qui semblent différents de nous.
  • Elle nourrit les préjugés, attitudes souvent négatives face à des personnes qu’on catégorise comme « différentes ».

L’identité personnelle

  • Une dimension individuelle: le rapport à soi
  • Une dimension sociale: le regard d’autrui – la norme subjective

Rapport à soi

  • Conscience réflexive
  • Mémoire
  • Corps
  • Valeurs
  • Actions et décisions
  • Récit de soi à autrui (entrevue, blogues)

Regard d’autrui

  • Des référents identitaires: les parents, ce qu’ils nous transmettent par la socialisation
  • Des modèles sociaux, qui nous sont transmis par nos proches, les autres qui comptent, mais aussi les médias, l’éducation.

Rapport à soi et regard d’autrui : décalage possible

  • Ce décalage peut être source d’aliénation et de souffrance.
  • Il peut conduire la personne à travailler sur son identité ou sur sa présentation d’elle-même.
  • L’identité narrative est le lieu de la synthèse identitaire.

L’identité collective

  • Elle est ce par quoi des personnes s’identifient à un ou plusieurs groupes sociaux ou ensembles culturels.
  • Elle peut ainsi engendrer un sentiment d’appartenance, qui repose sur la conviction de partager une culture.

L’attitude, concept de psychologie sociale

  • C’est notre sentiment, positif ou négatif, envers un objet.
  • Ce sentiment prédispose notre comportement à l’endroit de cet objet.
  • Il provient de nombreuses sources: affectives, cognitives, comportementales.

La mesure des attitudes

  • On peut les mesurer à l’aide d’échelles appliquées à des énoncés verbaux.
  • On peut les observer en milieu naturel (le corps)
  • On peut les étudier dans des dispositifs expérimentaux
  • On peut en discuter lors d’entrevues.

L’utilité de la notion d’attitude

  • Elle peut permettre de prévoir le comportement.
  • Elle est exprimée par les énoncés verbaux que sont les opinions.
  • Elle offre un niveau idéal d’intervention.
Une théorie plus sophistiquée:
  • On ajoute l’intention, entre l’attitude et l’action.
  • C’est l’intention qui détermine l’action et non pas directement l’attitude.
  • Cette théorie fait aussi une place à la norme subjective, au regard d’autrui.

Les préjugés

  • Les préjugés sont un filtre puissant de l’information reçue sur les groupes sociaux.
  • Il peut être tentant de flatter les préjugés pour faire entendre son message.

L’opinion publique

  • Est-ce une « attitude » collective?
  • Pour Bourdieu, c’est un artefact issu des maisons de sondage.
  • Il n’y a pas une opinion publique, mais une multitude d’opinions et de positions sur toutes sortes de sujets.
  • Les communicateurs et politiciens peuvent créer des opinions publiques pour leurs fins.

Les valeurs

  • Une définition en 4 points
  • Quatre exemples de valeurs collectives: le multiculturalisme, la solidarité, la performance (ou idéologie de la gestion) et l’individualisme.

L’individualisme

  • Son côté sombre: égoïsme, indifférence, repli sur soi, perte de civisme.
  • Son côté clair: les droits et libertés de la personne, contre la tyrannie, et la recherche de l’authenticité: être fidèle à soi et à ses valeurs malgré les pressions et le conformisme.

Internet et les valeurs

  • Ces quatre valeurs sont très présentes et coexistent dans notre culture.
  • Elles apparaissent dans le cyberespace: sites d’ONG, flexibilité du travail, création d’identité.

Sommes-nous programmés ?

  • Toutes ces théories montrent un individu complètement « programmé » par la socialisation ou l’ «  endoctrinement » qu’il subit dès sa naissance.
  • C’est comme si l’individu était constamment conditionné à se conformer aux normes sociales en vigueur dans son groupe.
  • Où est la liberté?

Être acteur

  • Toutes les influences qui s’exercent sur nous ne peuvent nous empêcher d’être acteur, d’agir librement.
  • Nous pouvons choisir d’accepter ou de refuser certaines de ces influences; de nous singulariser ou de nous conformer aux normes sociales en vigueur.

Dans le rapport à soi:

  • L’individualisme expressif : les blogues, les carnets web.
  • Cet individualisme peut aussi engendrer une action orientée vers le plan collectif.
Dans la communication publique:
  • Agir au niveau collectif:  – Pensée et attitude critique

– Sympathie pour des mouvements

– Engagement des associations

– Engagement dans la vie politique ou l’administration publique

Dans une organisation:

  • Créer des sites Internet pour appuyer un mouvement, une idée, une valeur, ou pour informer ou encore pour débattre, discuter.
  • Imaginer de nouveaux moyens de participer à l’action.

Bilan

  • Un individu est un être social, c’est-à-dire qui se construit au fil de ses rapports avec les autres à partir de tout ce qui lui est transmis par la société dans laquelle il est inséré.
  • Mais sa singularité et sa capacité réflexive le rendent aussi capable d’être « acteur » de sa vie, avec les autres.
  • C’est à un tel individu que s’adressent les communicateurs publics.